Pourquoi l’Apple Watch ne sert à rien

Aujourd’hui, un billet d’humeur. Je suis fan d’Apple (eh oui, un de plus !) et à ce titre beaucoup de gens pensent que je dois forcément être un inconditionnel de TOUS leurs produits. Mais rien n’est plus faux. L’exemple le plus récent : l’Apple Watch. Voici pourquoi.

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D’où Apple tire-t-il son succès ? #

Une mise au point pour commencer : l’incroyable succès commercial des iPods, iPhones et iPads ne s’explique pas par le marketing, comme nous le rabâchent les tenants de la thèse “les grandes entreprises nous manipulent”.

Si ces produits se sont si bien vendus, et se vendent encore comme des petits pains, c’est parce qu’ils répondent à un besoin. Le génie d’Apple, ou plutôt de son ancien patron Steve Jobs, était de sentir des besoins latents, c’est-à-dire existants mais non clairement formulés dans l’esprit du client potentiel.

Par exemple, avant l’iPod, il y avait un désir d’emporter sa musique avec soi, mais les produits de l’époque n’étaient pas pratique, car trop gros, et nécessitant de transporter aussi le support physique, les CD.

Or qui dit mobilité dit nécessairement encombrement minimum. En proposant un lecteur de MP3, mais design et doté d’une molette à l’utilisation simplissime, Apple répondait à ce besoin mieux que tous les Walkmans d’alors. En le combinant avec une boutique en ligne dédiée, iTunes, on simplifiait l’usage du produit à tous les stades.

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De même, l’iPhone répondait au besoin latent d’avoir un ordinateur dans sa poche (et non un téléphone, besoin déjà satisfait par les portables d’alors), avec des milliers d’applications utilisables partout. On le voit aujourd’hui lorsqu’on observe les gens les yeux rivés sur leur smartphone dans la rue ou les transports en commun, mais paradoxalement pas plus occupés à téléphoner qu’avant.

Quant à l’iPad, il permettait de simplifier la bureautique à domicile, en supprimant l’attente pendant le démarrage de son ordinateur, ce qui permet un usage beaucoup plus spontané donc plus fréquent. Et cela tout en offrant un écran plus grand qu’un smartphone, car lorsqu’on est chez soi, on recherche plus de confort.

Certes l’iPad sert essentiellement à consommer du contenu, comme par exemple lire, et non à en créer, comme écrire. Mais consommer représente 80% des tâches jusque là dévolues à un ordinateur. Il est donc logique qu’une tablette, qu’on peut emmener dans son salon ou dans son lit, ait démodé le vieux PC traditionnel. Pour autant, celui-ci n’a pas disparu car il reste des tâches pour lesquelles l’iPad n’est pas conçu ou pas efficace.

Le produit de trop #

Or depuis le décès de Jobs, Apple semble avoir perdu la formule magique, le génie créatif qui a fait son succès. Certes il est impossible de sortir un produit révolutionnaire à tous les coups, et vu le nombre inégalé d’innovations dues à Apple (l’ordinateur intégré, la souris, le wifi…), l’entreprise a bien le droit de se tromper de temps en temps.

Mais la confiance avec laquelle Tim Cook a lancé l’Apple Watch montre qu’il veut surtout rééditer les succès de Jobs alors qu’il devrait plutôt chercher à en comprendre la philosophie. Car quel est le problème de l’Apple Watch ?

Fondamentalement, c’est un produit qui ne sert à rien.

Je vous vois déjà venir : la notion d’utilité est subjective. Au niveau de l’individu bien sûr, mais en parlant d’un marché de millions de personnes, des tendances indéniables se dégagent. Et elles ne vont pas toujours dans le sens que veulent les geeks, un communauté bruyante mais très réduite.

Revue de détail #

Voici donc quelques raisons de ne pas dépenser 400 euros pour une montre Apple :

En vérité, l’Apple Watch ne fait rien d’autre que transmettre des informations qu’on peut avoir par ailleurs sur son iPhone, tout en ajoutant des contraintes par rapport à une montre classique.

Bien sûr le produit a ses fans. Mais il n’apporte pas de valeur ajouté, car il ne répond pas à un besoin préexistant. Et cela commence à se voir : le refus d’Apple de dévoiler les chiffres de vente en témoigne.

En fait, la seule chose qu’on peut faire avec, c’est clairement se vanter de l’avoir devant ses amis, ce qu’on appelle familièrement la frime. C’est, je vous l’accorde, un facteur non négligeable dans le succès des produits Apple, mais cela ne suffit pas sur le long terme.

Un avenir incertain #

Certes on vous dira que l’Apple Watch est déjà la montre connectée la plus vendue au monde, et que par ailleurs certains des grands succès d’Apple ne l’ont pas été dès la première année, donc qu’il faut laisser du temps au marché pour s’habituer au produit et en découvrir les avantages, bla bla bla. Bref, attendre que le concept passe dans les moeurs. L’avenir le dira.

En fait, la montre-ordinateur pourrait avoir un intérêt dans un futur où les technologies de miniaturisation auront grandement progressé. Pouvoir lui parler en langage naturel, par exemple, serait réellement une révolution. Mais pour le moment, il faut se contenter d’un ersatz vite lassant, Siri.

Oui, je sais, ce réquisitoire est un peu dur, mais quelle déception de voir Apple céder aux modes alors que la marque à la pomme était jusque là un précurseur.

En attendant, quelle montre utiliser ? A chacun son choix, le mien s’est porté sur une Casio G-Shock, le modèle originel de la série. Indestructible. Et en plus : elle donne l’heure.

 
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