Monétiser son blog

Il y a deux sortes de blogueurs : ceux qui écrivent pour le plaisir, et ceux qui sont, ou espèrent devenir, des professionnels. Ces derniers vivent de leur blog, ou indirectement grâce à lui.

Si vous êtes dans le deuxième cas, il faut envisager d’utiliser des techniques dites de monétisation. C’est à dire faire en sorte que votre blog vous apporte un revenu.

J’ai lu une grande quantité de témoignages de blogueurs sur ce thème. Voici les différentes méthodes qu’ils ont utilisées.

 La publicité

D’emblée, si on vous demande comment un site web peut rapporter de l’argent, vous répondrez sans doute “par la publicité”. Il est vrai qu’en tant qu’internautes nous sommes régulièrement confrontés aux bandeaux de gifs animés et autres fenêtre surgissantes — oui, j’essaye d’éviter les termes anglo-saxons :-).

Cette méthode est sans doute bonne pour les sites ayant une très forte notoriété, donc un énorme trafic. Car pour les autres, elle ne rapport pas grand chose.

Prenons l’exemple de AdSense, la régie publicitaire de Google. Elle propose d’insérer dans votre site des images ou bandeaux qui vantent un produit quelconque. Si l’internaute clique dessus, vous touchez une commission. Malheureusement, celle-ci est infime, car le clic ne signifie pas forcément que l’internaute va acheter quelque chose. Les revenus générés sont donc dérisoires, tout au moins pour un blogueur moyen.

Certains blogueurs vendent un espace publicitaire très cher. Par exemple, John Gruber de Daring Fireball, blog spécialisé dans les produits Apple, commercialise un petit encart de 120x90 pixels pour 9.000 dollars la semaine. Mais ce site est une institution chez les fans de la marque, et les annonceurs disposent d’une visibilité énorme vu le nombre de lecteurs (4 millions de pages vues par mois dans son cas). Bien entendu, je ne peux pas demander les mêmes tarifs…

Les régies publicitaires ont donc inventé un meilleur moyen d’intéresser financièrement les blogueurs à leurs produits : l’affiliation.

 L’affiliation

Le but de l’affiliation est de faire participer le blogueur à la vente d’un produit, en lui accordant une commission si et seulement si l’internaute achète.

L’exemple le plus simple est le lien affilié : je commente un produit, par exemple un livre, et je place à la fin de mon article un lien vers un libraire en ligne. Si mon lecteur a trouvé ma critique intéressante, et qu’il veut acheter le livre en question, il clique sur le lien qui l’amène directement sur le site du libraire. Et s’il paye, je gagne un petit pourcentage du prix, par exemple 5 à 10% chez Amazon. S’il n’achète rien, je ne touche rien.

Notez qu’il convient de prévenir vos lecteurs si vous employez ce type de lien. De même il ne faut pas recommander un produit auquel on ne croit pas, uniquement pour encourager les achats et récupérer sa commission. L’internaute n’est pas idiot ; il peut alors douter de votre objectivité et commencer à le faire savoir sur les réseaux sociaux. C’est là la limite du système.

Par conséquent, il ne faut donc pas abuser des liens affiliés, et rester transparent sur leur présence.

Autre exemple : vous trouverez sur certains sites de véritables boutiques en ligne qui sont des liens affiliés regroupés. L’apparence est celle d’un site commerçant (liste de produits, tarifs, bandeaux informant des promotions, etc.), et si vous voulez acheter vous serez redirigé(e) vers le véritable vendeur. L’avantage pour ce dernier est de transformer les lecteurs du blog en clients potentiels.

Les entreprises proposant de l’affiliation sont nombreuses. Citons Commission Junction ou TradeDoubler. La liste complète est disponible sur le site de leur association, le collectif CPA.

 Les articles sponsorisés

Il s’agit d’un article rédigé par le blogueur à la demande du vendeur, en échange d’une rémunération fixe. Le blogueur est tenu de respecter certaines consignes, généralement parler des avantages du produit et pas de ses inconvénients…

Là aussi, le problème est que certains sites n’indiquent pas clairement qu’un article est sponsorisé, de façon à tromper les lecteurs. Par ailleurs, il ne faut pas en faire trop souvent, sous peine d’ôter toute crédibilité à votre site.

 Les produits

Les méthodes ci-dessus vous intéressent ? Sachez pourtant que les blogueurs qui gagnent le plus n’en tirent qu’une faible part de leurs revenus. Ce qui rapporte le plus d’argent, ce sont les produits.

J’insiste sur ce point car certains blogueurs vous annoncent des revenus très importants, mais avec un certain flou sur leur origine. Ils présentent leurs gains comme provenant de leur “blog”, sans plus de détails. En réalité un site web s’adressant à un public francophone — par opposition au public anglophone beaucoup plus grand — ne peut pas générer plus que l’équivalent d’un salaire moyen en liens affiliés et autres articles sponsorisés. Il lui faudrait un trafic énorme.

Il y a bien sûr quelques exceptions, comme Eric Dupin de Presse-citron.com, qui revendique jusqu’à 15.000 euros mensuels de chiffre d’affaire uniquement avec la publicité. Mais il est capable d'attirer 25.000 lecteurs quotidiens. Et il s’agit de chiffre d’affaire, pas de bénéfice : les gros blogs emploient des rédacteurs payants, et utilisent de coûteux serveurs dédiés à la hauteur de leur trafic.

Eric Dupin est aussi l’un des premiers à avoir blogué, ce qui lui a permis de démarrer à une époque où il était quasiment sans concurrence. Ce qui n’est bien sûr plus le cas aujourd’hui.

Donc, le gros des revenus du blogueur à succès vient des ventes de produits. Un produit ? Mais encore ? J’entends par là que le blogueur va commercialiser quelque chose dont il est lui-même l’auteur ou le fabriquant. Un artiste vendra des tableaux, un ébéniste des meubles. Mais ce qui marche le mieux, c’est ce qui est le plus facile à faire : les formations.

Pourquoi est-ce le produit idéal ? Parce qu’elle peut se faire sous des formats très proches du blog : le document texte, le podcast audio ou la vidéo. De même que vous écrivez un article sur votre site, vous pouvez rédiger un guide portant sur le sujet qui vous tient à coeur, par exemple le dressage des lapins, et le vendre sur votre site.

A la différence de tant de chefs d’entreprise, vous n’aurez aucune contrainte de stock ou de logistique. Votre produit étant virtuel, il ne prend aucun place, et ne se périme pas — au sens propre, car bien sûr le sujet abordé peut évoluer et nécessiter des mises à jour.

Et libre à vous, en cas de succès, de sortir de chez vous pour organiser de vraies sessions où vous pourrez rencontrer d’autres blogueurs et clients.

 
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