Google Plus ou moins

(article paru sur mon ancien blog Nébuleuses)

Google lance prochainement un service baptisé Google+, concurrent de facto de Facebook. Un pari audacieux quand on sait que le second compte environ 600 millions d’utilisateurs. Mais au fait, à quoi sert vraiment un réseau social, à part montrer ses photos de vacances et dire au monde entier que vous êtes fan de Nana Mouskouri ?

C’est d’abord un moyen de rester en contact avec les autres. On retrouve facilement sur Facebook des anciens camarade du lycée, d’où le déclin des sites spécialisés comme Copains d’avant, autrefois florissants. C’est aussi une façon de communiquer à un groupe. Aucun autre média ne permet de s’adresser simultanément à toutes vos relations. Je dis relations car un réseau social ne se limite pas stricto sensu à ses amis.

D’où une seconde utilité : cultiver lesdites relations, dans un but intéressé évidemment. Beaucoup y voient un moyen de se mettre en valeur pour trouver un emploi, ou bien l’âme soeur. Les photos des profils sont ainsi particulièrement soignées : personne n’est jamais moche sur Facebook. Même chose pour les curriculums vitae. Certains donnent ainsi de leur vie une image bien éloignée de la réalité.

Mais quand la sincérité côtoie l’intérêt, le mélange des genres est néfaste. Car dans la masse des contacts se trouvent des individus avec qui nos rapports sont complètement différents : le collègue de bureau, le copain supporter de la même équipe de foot, et la vieille tante — si si, il y a des retraités qui utilisent le net.

Or il n’est pas souhaitable de partager le même contenu avec tous ces gens, sauf à risquer des dégâts souvent évoqués dans la presse : la blague misogyne faite avec un proche ami mais lue par votre future copine potentielle, ou un cliché pris sur la plage le jour où les collègues vous croyaient grippé(e).

Un réseau social doit donc être à l’image de notre vie, c’est à dire présenter plusieurs personnalités. C’est le parti pris de Google+, qui d’ailleurs ne se démarque vraiment que sur ce point. Le service, toujours en béta test (sur invitation), crée la notion de cercles. Il s’agit d’un groupe dans lequel on place les contacts, une même personne pouvant en partager plusieurs. Chaque cercle peut se voir affecter ses propres informations et données en partage. Par conséquent, les photos placées dans le cercle “famille” ne sont pas visibles par les membres du cercle “collègues”.

Un procédé de compartimentage équivalent existe théoriquement sur Facebook, les groupes. Mais fidèle à sa politique, le réseau de Mark Zuckerberg en fait un gadget, la faute sans doute au concept de départ de Facebook qui est de tout partager, voire d’abolir le principe même de la vie privée. L’utilisation des groupes n’est pas claire, si quelqu’un écrit sur votre mur l’information est visible par les membres des autres groupes, etc.

Et comme toujours, le site modifie régulièrement ses paramètres sans prévenir, ce qui amène un jour ou l’autre vos informations privées à être dévoilées à tout le monde.

Alors est-ce que Google peut réussir ? Au vu du nombre de personnes qui se méfient de Facebook, c’est possible. La concurrence fait toujours du bien, d’autant que Google a les moyens de développer un service original dans la durée. Mais dans un réseau social, la majorité dicte sa loi : on s’inscrit au service où vos contacts sont déjà présents. Si tous se contentent de Facebook, vous devrez faire comme eux, sous peine d’être bien seul(e) dans Google+.

 
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